Quelles conséquences sur votre assurance auto en cas de suspension de permis ?
Une suspension du permis de conduire ne se limite pas à une interdiction temporaire de prendre le volant.
Elle peut également avoir des conséquences importantes sur votre contrat d’assurance automobile comme l’obligation d’informer votre assureur, une augmentation de la cotisation, une modification des garanties ou, dans certains cas, la résiliation du contrat.
Que votre permis ait été suspendu pour un excès de vitesse, une alcoolémie, l’usage de stupéfiants ou une autre infraction routière, il est essentiel d’effectuer rapidement les démarches nécessaires auprès de votre assureur.
Quelles conséquences sur votre assurance auto en cas de suspension de permis ?
Nous vous aidons à faire le point sur la question.
Qu’est-ce qu’une suspension du permis de conduire ?
La suspension du permis est une mesure temporaire qui interdit à une personne de conduire les véhicules correspondant aux catégories de permis concernées.
Contrairement à l’annulation ou à l’invalidation du permis, elle ne supprime pas définitivement le titre de conduite.
Le conducteur peut, sous réserve de remplir les formalités exigées, récupérer son permis à l’issue de la période de suspension.
Il existe principalement deux formes de suspension, à savoir la suspension administrative et la suspension judiciaire.
La suspension administrative du permis
La suspension administrative est décidée par le préfet.
Elle intervient généralement après la rétention du permis par les forces de l’ordre ou à la suite d’un avis médical concluant à une inaptitude temporaire à la conduite.
Sa durée maximale est généralement de six mois.
Elle peut toutefois atteindre un an dans certaines situations particulièrement graves, et notamment après :
- un accident ayant entraîné un décès ou des dommages corporels ;
- une conduite sous l’emprise de l’alcool ;
- une conduite après usage de stupéfiants ;
- un refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie ou de stupéfiants ;
- un refus d’obtempérer.
La suspension administrative ne peut pas être aménagée pour permettre au conducteur de pouvoir conduire dans le cadre de son activité professionnelle.
La suspension judiciaire du permis
La suspension judiciaire est une peine prononcée par un juge à la suite d’une infraction routière.
Sa durée maximale est généralement fixée à :
- trois ans pour la plupart des infractions ;
- cinq ans en cas d’homicide ou de blessures involontaires.
Ces durées peuvent être doublées dans certaines situations, notamment en cas de récidive ou de délit de fuite.
Lorsqu’une suspension administrative est suivie d’une suspension judiciaire, les deux périodes ne se cumulent généralement pas.
La durée déjà effectuée au titre de la suspension administrative est prise en compte dans l’exécution de la peine judiciaire.
Quelles infractions peuvent entraîner une suspension de permis ?
Une suspension administrative ou judiciaire peut être prononcée à la suite de différentes infractions routières, parmi lesquelles :
- la conduite sous l’emprise de l’alcool ;
- la conduite après usage de stupéfiants ;
- le refus de se soumettre aux contrôles d’alcoolémie ou de stupéfiants ;
- un excès de vitesse important ;
- un refus d’obtempérer ;
- un délit de fuite ;
- l’utilisation du téléphone au volant associée à certaines autres infractions ;
- un dépassement dangereux ;
- le non-respect d’une priorité ;
- le franchissement d’un feu rouge ;
- la circulation en sens interdit ;
- un accident ayant occasionné des blessures ou le décès d’une personne ;
- certaines infractions liées au comportement ou à l’état de santé du conducteur.
Une suspension peut également être décidée pour une raison médicale lorsque l’état de santé du titulaire du permis est jugé temporairement incompatible avec la conduite.
Faut-il informer son assurance en cas de suspension de permis ?
Vous devez informer votre assureur de toute suspension de permis, qu’elle soit administrative ou judiciaire.
Cette suspension constitue une circonstance nouvelle susceptible d’aggraver le risque déclaré lors de la souscription du contrat.
Elle doit donc être portée à la connaissance de l’assureur, même si vous ne comptez pas utiliser votre voiture pendant cette période.
Les autorités ne se substituent pas à l’assuré pour accomplir cette démarche.
Il appartient au titulaire du contrat de prévenir lui-même son assureur.
Dans quel délai déclarer la suspension à son assureur ?
La déclaration doit être effectuée dans un délai de 15 jours à compter du moment où vous avez connaissance de la suspension.
Le Code des Assurances prévoit que la déclaration d’une circonstance nouvelle aggravant le risque doit être adressée par lettre recommandée ou par envoi recommandé électronique.
Il est conseillé de conserver :
- une copie de votre déclaration ;
- la preuve de son expédition ;
- l’accusé de réception ;
- les documents transmis à l’assureur.
Quels documents transmettre à l’assureur ?
Votre assureur pourra notamment vous demander :
- une copie de l’arrêté préfectoral ou de la décision judiciaire ;
- la date de début de la suspension ;
- sa durée ;
- son motif ;
- les catégories de permis concernées ;
- les conditions éventuelles de restitution du permis ;
- l’identité du conducteur qui utilisera le véhicule pendant la suspension.
La copie du jugement n’est pas systématiquement le seul justificatif recevable.
En cas de suspension administrative, l’arrêté préfectoral ou la notification officielle pourra être demandé.
Que peut décider l’assureur après une suspension de permis ?
Après avoir été informé, l’assureur réévalue le risque en fonction :
- du motif de la suspension ;
- de sa durée ;
- des antécédents du conducteur ;
- du type de véhicule assuré ;
- de son usage ;
- des conditions prévues par le contrat.
Il peut alors prendre différentes décisions.
Maintenir le contrat aux mêmes conditions
Dans certaines situations, notamment lorsque la suspension est courte et que le conducteur présente jusque-là de bons antécédents, l’assureur peut décider de maintenir le contrat sans en modifier immédiatement les conditions.
Cette possibilité dépend toutefois de la politique d’acceptation de chaque assureur.
Appliquer une majoration de cotisation
L’assureur peut proposer une augmentation de la prime afin de tenir compte de l’aggravation du risque.
Le Code des Assurances fixe des plafonds pour certaines majorations applicables à la prime de référence :
- jusqu’à 50 % pour une suspension de deux à six mois ;
- jusqu’à 100 % pour une suspension supérieure à six mois ;
- jusqu’à 200 % en cas d’annulation du permis ou de plusieurs suspensions de plus de deux mois au cours de la période de référence ;
- jusqu’à 150 % lorsque l’assuré est responsable d’un accident et reconnu en état d’imprégnation alcoolique ;
- jusqu’à 100 % en cas de délit de fuite après un accident ;
- jusqu’à 100 % en cas de non déclaration de certaines circonstances aggravantes.
Le cumul de ces majorations ne peut pas dépasser 400 % de la prime de référence.
Chaque majoration prévue par ce dispositif ne peut, en principe, être exigée au-delà des deux années suivant la première échéance annuelle postérieure à la circonstance aggravante.
Ces pourcentages sont des plafonds réglementaires et non des augmentations automatiquement appliquées dans tous les dossiers.
Modifier les garanties du contrat
Selon les circonstances, l’assureur peut également proposer différentes modifications du contrat, comme par exemple :
- une franchise plus élevée ;
- une réduction de certaines garanties facultatives ;
- la désignation d’un autre conducteur principal ;
- une restriction concernant les conducteurs autorisés ;
- des conditions particulières liées à l’usage du véhicule.
Toute modification doit être formalisée dans les conditions prévues par le contrat et la réglementation.
Résilier le contrat d’assurance auto
L’assureur peut, dans certaines conditions, décider de résilier le contrat à la suite de l’aggravation du risque ou conformément à une clause contractuelle.
La résiliation n’est cependant pas nécessairement immédiate.
Elle doit respecter la procédure et les délais de notification prévus par le Code des Assurances et par le contrat.
Quels sont les risques en cas de suspension de permis non déclarée ?
Ne pas déclarer une suspension de permis peut fragiliser considérablement la situation de l’assuré, en particulier si l’omission est découverte à l’occasion d’un accident.
Les conséquences dépendent notamment du caractère intentionnel ou non de la non déclaration.
Une augmentation de la prime ou une résiliation
Lorsque l’assureur découvre que le risque réel ne correspond plus aux informations communiquées préalablement par l’assuré, il peut notamment :
- proposer une augmentation de cotisation ;
- modifier les conditions de garantie ;
- refuser de maintenir le contrat ;
- résilier l’assurance dans les conditions prévues par la loi.
Une réduction de l’indemnisation
Si la déclaration inexacte ou l’omission n’est pas intentionnelle, l’indemnité versée après un sinistre peut, selon les circonstances, être réduite proportionnellement à la différence entre la cotisation payée et celle qui aurait normalement dû être réglée.
L’application d’une sanction dépend néanmoins du contrat, et de la nature de l’omission.
La nullité du contrat en cas de fausse déclaration intentionnelle
Si l’assureur démontre que l’assuré a volontairement dissimulé la suspension afin de le tromper sur la nature du risque, il peut invoquer la nullité du contrat.
Le contrat est alors considéré comme n’ayant jamais produit ses effets.
Cette sanction particulièrement lourde ne peut toutefois pas être appliquée sur la base d’une simple erreur, le caractère intentionnel de la fausse déclaration devant être établi.
Des sommes importantes à rembourser après un accident
En cas d’accident, la situation doit être appréciée en fonction des circonstances du sinistre.
Lorsque des victimes doivent être indemnisées, différents mécanismes peuvent intervenir afin de protéger les tiers.
L’assureur ou le fonds ayant indemnisé les victimes peut ensuite, dans certaines situations, exercer un recours contre le responsable et lui réclamer tout ou partie des sommes versées.
Les dommages corporels pouvant représenter plusieurs centaines de milliers d’euros, conduire malgré une suspension expose à des conséquences financières considérables, sans oublier les sanctions pénales encourues.
Peut-on conduire pendant une suspension de permis ?
Pendant la période de suspension, il est interdit de conduire un véhicule nécessitant la catégorie de permis suspendue.
Conduire malgré une suspension constitue un délit.
Le conducteur s’expose notamment à :
- une peine d’emprisonnement ;
- une amende ;
- une nouvelle suspension ;
- une annulation du permis ;
- la confiscation ou l’immobilisation du véhicule ;
- des difficultés supplémentaires pour retrouver un nouvel assureur.
En cas de suspension judiciaire, un aménagement peut parfois être demandé au juge pour un motif professionnel, médical, familial ou social grave.
Cette possibilité est néanmoins exclue pour plusieurs infractions graves, notamment l’alcoolémie, l’usage de stupéfiants ou le délit de fuite.
Le véhicule doit-il rester assuré pendant la suspension du permis ?
La suspension du permis ne provoque pas automatiquement la suspension du contrat d’assurance.
Même si son conducteur habituel ne peut plus prendre le volant, le véhicule peut continuer à être exposé à des risques d’incendie, vol ou dommages causés à un tiers.
Il est donc déconseillé de résilier précipitamment le contrat d’assurance, plusieurs solutions pouvant être envisagées avec l’assureur.
Désigner un conducteur autorisé
Un conjoint, un membre de la famille ou une autre personne peut éventuellement utiliser le véhicule pendant la suspension, à condition :
- de posséder un permis valide ;
- d’être autorisé par le contrat ;
- de respecter les conditions de conduite prévues par la police d’assurance.
Selon l’usage réel du véhicule, cette personne pourra être déclarée comme conducteur principal ou secondaire.
Adapter temporairement les garanties
Lorsque la voiture n’est plus utilisée, il peut être possible de demander une adaptation du contrat, par exemple en réduisant certaines garanties facultatives.
Toute modification doit être préalablement acceptée par l’assureur.
Quel est le prix d’une assurance auto après une suspension de permis ?
Il n’existe pas de cotisation forfaitaire pour assurer un conducteur ayant fait l’objet d’une suspension.
Le prix dépend notamment :
- de la durée de la suspension ;
- de l’infraction commise ;
- de l’ancienneté du permis ;
- du nombre de sinistres antérieurs ;
- du coefficient de bonus-malus ;
- de l’âge du conducteur ;
- de la puissance et de la valeur du véhicule ;
- de son lieu de stationnement ;
- de l’utilisation privée ou professionnelle de la voiture ;
- des garanties d’assurance souhaitées.
Une suspension courte pour excès de vitesse n’est pas nécessairement appréciée de la même manière qu’une suspension longue pour alcoolémie, stupéfiants, récidive ou refus d’obtempérer.
Dans les dossiers les plus sensibles, certains assureurs peuvent refuser de garantir le conducteur ou proposer uniquement une formule limitée, assortie d’une cotisation et de franchises plus élevées.
Assurer son auto après une suspension pour alcoolémie ou stupéfiants
Une suspension pour alcoolémie ou consommation de stupéfiants est généralement considérée par les assureurs comme une circonstance aggravante importante.
Lors de l’étude du dossier, la compagnie peut tenir compte :
- du taux d’alcool relevé ;
- de la nature de l’infraction ;
- de l’existence d’un accident ;
- du caractère responsable ou non du sinistre ;
- d’une éventuelle récidive ;
- de la durée de la suspension ;
- de la décision judiciaire ;
- des autres antécédents du conducteur.
L’assureur peut alors augmenter la cotisation, relever les franchises, limiter certaines garanties ou refuser de poursuivre le contrat.
Il reste indispensable de déclarer précisément la situation.
Une proposition d’assurance plus coûteuse mais établie sur des informations exactes sera toujours préférable à un contrat susceptible d’être remis en cause pour fausse déclaration.
Comment retrouver une assurance auto après une suspension de permis ?
Une suspension ne signifie pas qu’il sera définitivement impossible de s’assurer.
Elle impose cependant de présenter un dossier complet et de rechercher un assureur acceptant ce type de profil.
Préparer tous les documents nécessaires
Pour obtenir une proposition adaptée, préparez notamment :
- votre relevé d’information ;
- la décision de suspension ;
- la date de récupération du permis ;
- une copie de votre nouveau titre de conduite, le cas échéant ;
- votre coefficient de bonus-malus ;
- les informations relatives au véhicule ;
- l’historique des sinistres demandé dans le questionnaire ;
- les justificatifs médicaux lorsque la situation l’exige.
Répondez avec exactitude à toutes les questions posées.
Une omission destinée à obtenir un meilleur tarif peut compromettre ultérieurement l’application des garanties.
Choisir un véhicule de faible cylindrée
Après une suspension, assurer une voiture au caractère sportif ou de grande valeur peut se révéler particulièrement coûteux.
Choisir temporairement un véhicule moins puissant et moins onéreux peut faciliter l’acceptation du dossier et réduire :
- la cotisation ;
- le montant des franchises ;
- le coût des garanties dommages ;
Faire appel à un courtier en assurance
Un courtier spécialisé peut interroger plusieurs assureurs, identifier ceux acceptant les conducteurs ayant connu une suspension et présenter le dossier de manière complète.
Cet accompagnement permet également d’éviter de multiplier les demandes auprès d’assureurs qui n’acceptent pas ce type de profil.
Saisir le Bureau central de tarification en dernier recours
Si plusieurs assureurs refusent de vous accorder la garantie obligatoire de responsabilité civile automobile, vous pouvez, sous certaines conditions, saisir le Bureau central de tarification.
Le BCT peut imposer à l’assureur choisi de vous accorder la garantie minimale obligatoire et en fixer le tarif.
Il ne peut cependant pas obliger l’assureur à proposer des garanties facultatives telles que le vol, l’incendie ou les dommages tous accidents.
L’avis de l’assureur
Une suspension de permis doit être déclarée rapidement, même si le véhicule reste au garage ou doit être confié à un autre conducteur.
Chercher à dissimuler la situation peut entraîner des conséquences bien plus coûteuses que la majoration initialement redoutée.
Après une suspension, le prix ne doit pas être le seul critère de choix.
Une garantie du conducteur suffisante, des franchises supportables et des exclusions clairement identifiées sont essentielles pour retrouver une protection réellement adaptée.
Chaque dossier possède ses particularités.
La durée de la suspension, son motif, les antécédents du conducteur et le véhicule à assurer doivent être étudiés ensemble.
FAQ sur la suspension de permis
Quelles différences entre suspension, annulation et invalidation du permis ?
Ces trois situations ne doivent pas être confondues : la suspension interdit temporairement de conduire, sans supprimer automatiquement le permis ; l’annulation judiciaire est prononcée par un juge et oblige le conducteur à repasser tout ou partie des épreuves après la période d’interdiction ; l’invalidation intervient lorsque le solde de points atteint zéro. Dans les trois cas, l’assureur doit être informé. Les conséquences tarifaires et les conditions d’acceptation peuvent cependant être différentes.
L’assurance est-elle automatiquement résiliée après une suspension ?
La suspension du permis n’entraîne pas automatiquement la résiliation du contrat. L’assureur peut maintenir l’assurance, proposer de nouvelles conditions ou décider de résilier selon la nature du risque et les dispositions contractuelles.
Une suspension de permis augmente-t-elle automatiquement le malus ?
La suspension n’entraîne pas, à elle seule, une augmentation automatique du coefficient de bonus-malus. Le malus dépend principalement des sinistres responsables ou partiellement responsables. En revanche, l’assureur peut appliquer une majoration distincte en raison de la suspension et de l’aggravation du risque.
Peut-on assurer une voiture avant d’avoir récupéré son permis ?
Il peut être possible de souscrire ou de maintenir une assurance, notamment si le véhicule est utilisé par un autre conducteur déclaré et titulaire d’un permis valide. L’assureur doit toutefois être informé de la suspension et de l’identité du conducteur principal réel.
Combien de temps une suspension influence-t-elle le prix de l’assurance ?
Les majorations réglementées liées aux circonstances aggravantes ne peuvent, en principe, être exigées au-delà des deux années suivant la première échéance annuelle postérieure à l’événement concerné.
Un stage de sensibilisation permet-il de réduire la prime ?
Un stage ne donne pas automatiquement droit à une réduction de la cotisation d’assurance. Il peut cependant permettre de démontrer une démarche de prévention et être pris en considération par certains assureurs lors de l’analyse du dossier.
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