Les routes sont un facteur de risques pour les assureurs
On parle souvent de vitesse, d’alcool ou d’inattention comme principales causes des accidents de la route, mais beaucoup moins de l’état des routes.
Et pourtant, les chiffres sont sans appel…
En France, près de 30 % des accidents mortels seraient liés à des défauts de voirie.
Les routes sont un facteur de risques pour les assureurs.
Décryptage.
Les chaussées déformées sont un danger sous-estimé
Ornières, fissures, nids-de-poule, marquages effacés, ces dangers routiers au quotidien ne sont pas seulement inconfortables.
Ils peuvent devenir hautement accidentogènes, notamment pour les véhicules légers (risques de perte de contrôle, crevaison), les deux-roues (chute directe) et les véhicules anciens de collection (fragilité accrue des trains roulants).
Selon l’Observatoire national de la sécurité routière, chaque année des milliers d’accidents sont directement ou indirectement liés à ces dégradations.
Et la tendance ne va pas dans le bon sens car la qualité des infrastructures françaises est en recul, comme l’ont récemment confirmé plusieurs rapports officiels.
Qui paie les dégâts matériels ?
C’est là que le sujet devient assurantiel.
En théorie, les gestionnaires de voirie (État, départements, communes) sont responsables de l’entretien des routes.
En cas d’accident de la route lié à un défaut clairement identifié, leur responsabilité peut être engagée.

En théorie, on pourrait prétendre à une indemnisation possible des dommages matériels (jantes, pneus, suspensions…)
et une prise en charge des dommages corporels grâce à un recours possible via son assureur.
Pourtant dans la pratique, obtenir réparation peut s’apparenter à un parcours du combattant.
En effet, il faut démontrer le lien direct avec l’accident, et affronter des délais de traitement administratifs parfois longs.
Comment se protéger efficacement ?
Face à ce risque grandissant, quelques réflexes simples peuvent faire la différence :
- Adapter sa conduite sur routes dégradées
- Être particulièrement vigilant de jour comme nuit sur des chaussées dégradées
- Photographier immédiatement tout défaut de voirie en cas de sinistre
- Déclarer rapidement la survenance de l’accident à son assureur
Et surtout, vérifier les garanties de son contrat d’assurance (dommages tous accidents, protection juridique, assistance…).
Une tendance qui interroge
Avec des budgets d’entretien sous tension et un réseau routier vieillissant, la question devient stratégique pour les usagers et assureurs.
Se dirige-t-on vers une hausse des sinistres liés aux infrastructures vieillissantes ?
Une chose est sûre, le réseau routier devient un acteur du risque accidentogène.
Des infrastructures routières vieillissantes
Selon le rapport annuel de compétitivité du World Economic Forum, la qualité des infrastructures routières constitue un indicateur clé de performance pour les pays.
Longtemps considérée comme un modèle, la France a progressivement perdu du terrain depuis 2013, plongeant année après année dans le classement mondial des infrastructures routières.
Cette dégradation est d’autant plus préoccupante qu’elle concerne un réseau particulièrement dense.
Avec plus d’un million de kilomètres de routes, le maillage territorial français reste l’un des plus développés au monde.
Et, comme le souligne l’association 40 Millions d’automobilistes, ce réseau routier constitue une véritable force à condition d’être entretenu.
À défaut, le risque d’un vieillissement accéléré des infrastructures pourrait conduire à de lourds travaux de réfection, bien plus coûteux à long terme.
Un état déplorable du réseau routier
Depuis quelques années, le Ministère des Transports alerte sur cette situation préoccupante.
Plus de 20 % des routes nationales non concédées sont aujourd’hui fortement dégradées, nécessitant parfois des rénovations lourdes.
En cause, un manque d’investissements chronique ces dernières années, aggravé par des contraintes budgétaires pesant sur les collectivités.
Pour maintenir un réseau « praticable », il faudrait injecter près de 1 milliard d’euros par an jusqu’en 2037.
Parallèlement, les experts pointent du doigt qu’un entretien préventif coûterait jusqu’à 20 fois moins cher que les réparations curatives.
Et, cette situation concernerait également les ponts qui seraient eux aussi fortement dégradés.
En résumé, sans prise de conscience et investissements massifs, la dégradation des infrastructures routières françaises est appelée à s’intensifier dans les années à venir.
L’avis de l’assureur
Marie-Carla Favier, Directrice Générale Mascotte Assurances déclarait récemment que « pour les passionnés d’automobiles anciennes de collection, le sujet est encore plus sensible. Un nid-de-poule peut avoir des conséquences bien plus lourdes sur une suspension d’époque, une jante rare, ou encore une mécanique fragile ». Avant de rajouter « Un sinistre sur un véhicule de collection, ce n’est jamais juste un sinistre. C’est parfois une pièce introuvable, et lorsque le véhicule est hérité d’un parent, c’est aussi une valeur affective profonde qui se trouve atteinte ». Et de conclure « Notre rôle, c’est d’anticiper ces évolutions pour protéger au mieux nos assurés, et en particulier les passionnés de véhicules de collection ».
Maintenant, testons ensemble pourquoi les assureurs pointent du doigt ces routes vieillissantes ?
Testez vos connaissances en répondant à quelques questions …
Question 1
Quelle part des accidents mortels serait liée à des défauts de voirie en France ?
A. 5 %
B. 15 %
C. 30 %
D. 50 %
Réponse : 30 %, un chiffre souvent méconnu qui montre que la route elle-même peut devenir un facteur de risque majeur.
Question 2
Quels usagers sont les plus exposés aux routes dégradées ?
A. Les poids lourds uniquement
B. Les deux-roues et véhicules légers
C. Les piétons uniquement
D. Tous les usagers de la même manière
Réponse : Les deux-roues et véhicules légers. Les motos et scooters sont particulièrement vulnérables (chute directe) tout comme les voitures légères et les véhicules anciens.
Question 3
Qui est responsable de l’entretien des routes ?
A. Les compagnies d’assurance
B. Les automobilistes
C. Les gestionnaires de voirie (État, collectivités)
D. Les constructeurs automobiles
Réponse : Les gestionnaires de voirie. En théorie, leur responsabilité peut être engagée en cas de défaut d’entretien.
Question 4
Peut-on être indemnisé après un accident causé par un nid-de-poule ?
A. Non, jamais
B. Oui, automatiquement
C. Oui, mais sous conditions
D. Seulement si l’on est en tous risques
Réponse : Oui, mais sous conditions. Il faut prouver le lien direct entre le défaut de voirie et le sinistre, ce qui peut vite devenir complexe.
Question 5
Que faut-il faire immédiatement après un accident lié à une route dégradée ?
A. Continuer sa route
B. Appeler un garagiste uniquement
C. Photographier les lieux et déclarer le sinistre
D. Attendre plusieurs jours
Réponse : Photographier les lieux et déclarer rapidement. Les preuves sont essentielles pour espérer une indemnisation.
Question 6
Quel pourcentage des routes nationales non concédées est fortement dégradé ?
A. 5 %
B. 10 %
C. 20 %
D. 40 %
Réponse : 20 %. Un chiffre préoccupant qui confirme la tendance.
Question 7
Pourquoi l’entretien préventif est-il crucial ?
A. Pour des raisons esthétiques
B. Parce qu’il est obligatoire
C. Parce qu’il coûte jusqu’à 20 fois moins cher que les réparations lourdes
Réponse : 20 fois moins cher. Un investissement aujourd’hui évite des coûts massifs demain.
Avec un score maximal de 7/7, vous serez attentif à l’état des routes.
Avec un score inférieur à 4/7, il est temps de reprendre la lecture de cette actualité pour vous éviter des déconvenues au volant de votre voiture.
Les routes sont un facteur de risques pour les assureurs
13 avril 2026 | Actualité Assurance Collection et Prestige
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